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Cergy-Pontoise, l’aventure urbanistique d’une ville nouvelle

L’exposition Cergy-Pontoise, Formes & Fictions d’une ville nouvelle s’est ouverte le 17 juin. Le Hub vous donne cinq bonnes raisons de s’y rendre.

1. (Re)découvrir l’extraordinaire aventure urbanistique et architecturale d’une ville nouvelle

Dans les années soixante, le projet de construire en région parisienne plusieurs villes nouvelles est acté.  À Bernard Hirsch, ingénieur des Ponts et Chaussées, revient la responsabilité de réaliser des études préliminaires pour édifier la ville nouvelle de Cergy- Pontoise sur une boucle de l’Oise. L’exposition du Pavillon de l’Arsenal raconte le récit de cette aventure, où les histoires d’urbanisme, d’architecture et de technologies s’entremêlent aux questions politiques et sociales. Passionnant !



© ADVO

2. Faire un saut dans le temps

Alors que les grandes métropoles sont confrontées aujourd’hui à de sérieux défis environnementaux et qu’il devient urgent d’interroger notre modèle de développement, les concepteurs de Cergy-Pontoise avaient déjà l’ambition de rompre avec l’écriture urbanistique de l’époque, celle des villes dortoirs et des banlieues pavillonnaires. Il s’agissait de proposer une ville-paysage, où l’eau et la nature en seraient des éléments constitutifs. Aujourd’hui, les espaces verts, naturels ou aménagés représentent un quart du territoire de la ville.

Il s’agissait aussi de remettre en question la place de la voiture, en inventant une ville où piétons et véhicules ne se croiseraient pas. Cinquante ans plus tard, ces thématiques de l’environnement et du transport demeurent des enjeux majeurs pour les citoyens des grandes métropoles. Un cas d’école à étudier !

3. Comprendre les dynamiques territoriales

Comment une ville nait-elle ? Comment y attire-t-on habitants et entreprises ? L’exposition rappelle comment la naissance de Cergy-Pontoise est indissociable de la réforme des départements de 1964. La ville a alors été choisie pour y établir la préfecture du Val d’Oise. Lorsque ce bâtiment administratif est inauguré en 1970, l’immeuble est encore isolé au milieu des champs. Mais sa forme – une pyramide inversée et évidée de son centre – et sa fonction en feront néanmoins un élément structurant pour le territoire et un facteur d’attractivité.

Et quand les nouveaux habitants investiront les premiers logements, ils seront invités à participer activement au développement de la ville, pour se l’approprier et en écrire eux-mêmes l’histoire.

Aujourd’hui, la communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise compte 4 000 entreprises, 25 000 étudiants et 200 000 habitants.

4. S’interroger sur le futur du transport dans les villes franciliennes

Cergy-Pontoise a tenté d’explorer de nouvelles pistes en matière de transport. L’exposition revient sur le projet d’aérotrain qui devait relier Cergy et La Défense. Après de laborieux débats, cette technologie française fut abandonnée en 1974. Quant aux transports locaux, un prototype de voiture électrique sera développé l’année suivante, mais jamais commercialisé. Il faudra attendre décembre 2011 pour que le premier service de voitures électriques soit enfin opérationnel en Ile-de-France...

© Agence François Leclercq.jpg

5. Réfléchir aux enjeux du Grand Paris

Cergy-Pontoise n’a pas été, à l’instar de la capitale brésilienne, une ville construite ex nihilo. Elle est une entité qui s’est superposée à un ensemble de communes existantes entourées de terres maraîchères. L’exposition rappelle combien ce projet de ville nouvelle a suscité des résistances locales et a posé des questions politiques de représentativité. À l’heure où la Région Ile-de-France cherche à s’inventer une nouvelle forme et un nouveau destin avec le Grand Paris, les expériences tentées à Cergy-Pontoise nourriront les réflexions des visiteurs.

Cergy-Pontoise, Formes & Fictions d’une ville nouvelle, au Pavillon de l’Arsenal jusqu’au 20 septembre 2015

21, boulevard Morland 75004 Paris

www.pavillon-arsenal.com

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