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De l’open data à l’urban data

Une étude publiée par la Fabrique de la Cité explore les conditions d’émergence de services urbains novateurs valorisant les ressources de l’Open Data.

Plus de 90 % des données numériques en circulation sur la planète ont été produites au cours des douze derniers mois. Cette révolution en cours de la big data repose sur deux mouvements concomitants : des évolutions technologiques, avec en particulier l’avènement du “cloud computing” (“informatique en nuage”) qui permet de stocker et traiter à moindre coût des volumes toujours plus importants de données de toute nature (image, texte, son...) ; et des transformations dans les usages, à travers l’utilisation d’Internet, des réseaux sociaux et d’objets connectés qui font de chacun à la fois un capteur et un émetteur de données. 

Un nouveau concept pour la ville : l'urban data

Parallèlement à la big data, de nombreuses villes dans le monde se sont lancées dans des démarches d’open data, qui “libérent” les données publiques pour les mettre à la disposition des citoyens. Le développement de l’urban data ouvre d’immenses perspectives dans les domaines de l’énergie, de la construction, de la maintenance ou encore de la mobilité. Comment faire des données urbaines un support de création de valeur économique, mais aussi de coproduction de services innovants accompagnant l’émergence de la “ville intelligente” ? L’étude “Quel potentiel de création de valeur pour l’“urban data ?”, réalisée par Science-Po dans le cadre d’un partenariat avec la Fabrique de la Cité, apporte quelques éclairages à ce sujet, en opérant un focus sur le thème des mobilités. 

Vers une gouvernance partagée

C’est dans le domaine des déplacements que l’urban data trouve aujourd’hui son champ d’applications le plus fécond (plateformes d’information multimodale, calculateurs d’itinéraires, GPS collaboratifs, applications dédiées aux personnes à mobilité réduite, sites d’autopartage, etc.).  L’étude explore les enjeux spécifiques de cette coproduction de services à la mobilité basés sur des données ouvertes. Pour concrétiser les promesses de l’urban data, la simple ouverture des données ne suffit pas. Le potentiel de création de valeur réside dans la conjonction de quatre éléments :  

• le partage des données entre des acteurs aux statuts différents, mais dont les intérêts convergent sur des projets particuliers ;

• le croisement de données de natures et de formes différentes, afin de faire émerger des services toujours plus fiables et faciles d’utilisation ;

• l’interopérabilité des données, possibilité technique de mettre en relation ces données  ;

• l’implication des citadins-consommateurs, légitimes à exercer un droit sur les données qu’ils produisent. Tout juste évoquée dans l’étude, cette gouvernance partagée est sans doute le défi majeur à relever : la ville, qui a traditionnellement une relation top-down avec ses citadins, doit permettre à chacun de devenir acteur de l’urban data.

> L’impact de l’Urban Data sur les mobilités du quotidien

Note de la Fabrique de la Cité, Juin 2014. Auteurs : Camille Combe, Raphaëlle Grandet, Idir Igoudjil, Romain Paderi, Master Stratégies Territoriales et Urbaines de Sciences Po.



Pour aller plus loin : 

La plateforme nationale de partage des données publiques : www.data.gouv.fr/fr/ 

Site de l’association des collectivités engagées dans le mouvement Opendata France : 

www.opendatafrance.net/

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