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Et si vous vous mettiez au corpoworking ?

Derrière ce néologisme, se cache un mode d’organisation du travail qui favorise la créativité et décloisonne les modes de fonctionnement de l’entreprise. À tester.

Corpoworking ou coworking ?

Le coworking désigne la pratique des bureaux partagés ou tiers-lieux, qui rassemblent dans un même espace auto-entrepreneurs, travailleurs indépendants out TPE. L’avantage est notamment d’éviter l’isolement, de créer un environnement de socialisation pour travailler, mutualiser des compétences ou renforcer son réseau. Le “corpoworking”, néologisme formé à partir de “coworking” et “corporate”, transpose le concept à l’intérieur du périmètre de l’entreprise.

De nouvelles manières de travailler

L’objectif est de faire travailler ensemble des personnes qui n’en ont pas l’habitude, afin de favoriser le travail transverse en cassant les barrières entre les services, métiers ou business units, mais aussi entre les niveaux hiérarchiques. Le but est de favoriser l’hybridation pour développer plus de croisements en interne, mais aussi de faire en sorte que ces lieux soient ouverts sur l’extérieur. Notamment en accueillant des fournisseurs, des partenaires ou des consultants avec lesquels l’entreprise a l’habitude de travailler, ou des start ups innovantes.

Une méthode mais aussi un lieu

En général, lorsqu’on établit le space planning d’une société, on répond à la question “qui travaillera où ?” et on organise les services ou les BU par étages et par zones : on recrée de fait les silos. À une échelle plus fine, on procède au microzoning, avec un grand bureau pour les top managers, des bureaux plus petits pour les managers, des open spaces pour les autres, recréant dans l’aménagement de l’espace l’organisation hiérarchique.

Pour Nicolas Nectoux, Asset Manager Development chez Icade, « il est important de réserver un espace dédié au corpoworking, un véritable tiers lieu interne à l’entreprise, mais situé en dehors de ses modes de fonctionnement habituels. » Ce faisant, l’espace de corpoworking, notamment lorsqu’il est ouvert à des partenaires extérieurs, soulève des enjeux délicats de confidentialité et de partage de culture d’entreprise. C’est pourquoi dans beaucoup de cas, nombre d’entreprises commencent par initier un projet en interne avec la volonté de l’ouvrir peu à peu à l’extérieur.

Où en est-on en France ?

Certaines entreprises, comme KMPG ou Atos sont assez en avance, mais leur pratique s’inscrit dans une tradition historique des entreprises de conseil, au sein desquelles les consultants, qui sont en général chez le client, n’ont pas toujours de bureau dédié au siège.

La SNCF possède des espaces spécifiques – avec accès à son réseau Wi-Fi – dans ses nouveaux bureaux pour accueillir ses partenaires et ses clients. L’expérience la plus aboutie est celle de la Villa Bonne Nouvelle d’Orange : ce lieu est un ancien central téléphonique ayant hébergé au siècle dernier les “demoiselles du téléphone”, et peut accueillir jusqu’à 50 personnes le temps d’un projet de 6 à 12 mois. Pour Stéphane Richard, Président-Directeur Général de l’opérateur de téléphone, « cet endroit unique va accueillir des salariés d’Orange de profils différents travaillant sur des projets communs, en cassant les silos et les codes traditionnels de l’entreprise. Il accueillera également des start-ups dans une logique d’open innovation. De ce foisonnement et de cette mixité, émergeront de nouvelles méthodes de travail et de nouveaux modes de management de l’ère numérique, alliant qualité sociale et performance économique. »

Pour aller plus loin :

• Le fil Twitter @Villa_BN donne un aperçu des événements organisés et de l’ambiance à la Villa Bonne Nouvelle, espace de corpoworking emblématique d’Orange.

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