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Habitat intergénérationnel, une cohabitation pas si utopique

Petit à petit, l’habitat se réinvente. C’est vrai notamment avec les expériences d’habitat intergénérationnel qui se multiplient, comme à Couëron, près de Nantes.

En 2050, un habitant sur trois sera âgé de 60 ans ou plus, contre un sur cinq en 2005. En 2012, on recensait 1,17 million de personnes âgées dépendantes, soit 7,8 % des 60 ans ou plus. À l’horizon 2060, ce chiffre atteindrait 2,3 millions (Insee).

Ces projections posent la question de l’isolement des personnes âgées, de leur dépendance et de notre vision de l’habitat au sens large du terme. Et en filigrane, de notre conception de la société. Mais les choses évoluent. Jeunes et seniors cohabitent à nouveau sous un même toit. Mais sans lien familial cette fois ! Aujourd’hui, des expériences d’habitat intergénérationnel émergent de façon isolées et individuelles – sous forme de colocation – ou de manière plus collective et structurée quand elles sont impulsées par des collectivités locales.

À Couëron, l’habitat intergénérationnel n’est pas une utopie

Depuis 2011, des habitants de la ville de Couëron, près de Nantes, vivent une expérience d’habitat intergénérationnel à grande échelle sur le site de Bessonneau. L’initiative est venue du Conseil des sages, une instance de réflexion et de concertation qui donne toute sa place aux personnes âgées dans la vie municipale.

Site intergénérationnel exemplaire, le site de Bessonneau, conçu par Icade, “institutionnalise” la cohabitation entre les générations et les activités. Bessoneau, c’est :

une crèche municipale multi-accueil;

une résidence ADAPEI qui accueille 24 personnes adultes handicapées ;

un cabinet médical et un cabinet paramédical privés, un centre médico-social du Conseil général ;

la résidence Voisin’âge : 51 logements locatifs sociaux dont 21 adaptés aux seniors gérés par la SAMO ;

la résidence Clos Neva : 40 logements en accession vendus à la découpe par Icade ;

un parc partagé avec aires de jeux pour les plus jeunes

 

La colocation intergénérationnelle : une pratique qui a de l’avenir

Alternative à la crise du logement étudiant et à l’isolement des personnes âgées, la colocation intergénérationnelle reste embryonnaire. Et pourtant 95 % des personnes âgées vivent seules dans des logements souvent trop grands, voire trop chers pour elles. Appartager.com, le leader de la colocation en France, a enregistré depuis deux ans une augmentation de plus de 47 % des demandes de seniors à la recherche de colocataires. Une progression à relativiser car, en valeur absolue, les seniors représentent moins d’1 % des demandes de la plateforme. Et pourtant, les avantages sont nombreux : sur le plan financier et affectif notamment. Aujourd’hui, des familles peuvent aussi accueillir dans leur foyer des personnes âgées isolées (voir le site www.famidac.fr).

Quelques acteurs de l’habitat intergénérationnel :

Les collectivités locales à l’image du Conseil des sages de Couëron

Les réseaux associatifs :

COSI, pour “Cohabitation Solidaire Intergénérationnelle”, rassemble une vingtaine d’associations qui œuvrent pour la mixité des habitats et propose une plateforme online de mise en relation entre jeunes et seniors.



Le mouvement “Habitat et Humanisme” expérimente différents dispositifs comme des résidences sociales seules ou couplées avec des logements locatifs et des colocations conçues spécifiquement pour accueillir des personnes d’âges différents.



Les plateformes de mise en relation comme Appartager.com ou SilverEco.fr



Les acteurs de l’immobilier comme Icade à l’image de son concept BI-HOME, un concept d’habitat conçu pour la colocation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Trois questions à Christine Courcoult, en charge du développement de l’immobilier médico-social en Pays-de-la-Loire chez Icade.

 

Pourquoi les enjeux de mixité sont-ils récurrents en matière d’habitat ?

Les appels d’offre des collectivités locales intègrent systématiquement cette notion de mixité entre bureau, logement et commerce. Ces dernières recherchent à la fois de la mixité dans l’usage des lieux et une mixité sociale intégrant logements en accession libre, logements sociaux et intermédiaires. Leurs demandes portent aussi sur la création d’espaces communs pour recréer de la vie, de la convivialité et de l’animation.

En quoi Icade est-elle légitime pour répondre à cette demande ?

Dans tous nos projets, nous réfléchissons à mettre de la vie. C’est vrai pour les grands projets de 20 000 m2 comme pour les petits projets médico-sociaux de 5 000 m2. Tous ont pour dénominateur commun d’être fortement portés politiquement par les élus locaux. Chez Icade, nous savons parler à des interlocuteurs très différents grâce à la diversité des projets que nous menons. Nous avons développé une culture de la concertation. Nous considérons chaque projet comme un levier d’évolution pour une ville ou une structure.

Comme cela se traduit concrètement ?

Le projet de Montaigu en Vendée, plutôt orienté personnes âgées, est un bel exemple. Il associe un petit EHPAD avec du logement adapté senior social et du logement senior en accession libre. Tous ces éléments, gérés par des organismes différents, ne font qu’un physiquement et sont reliés par l’intérieur. Avec un beau parc commun et une salle pour réaliser des animations. Avec un tel projet, on répond à la problématique centrale de l’isolement des personnes âgées. Cette question résolue, on répond de fait à celle de la sécurité de ces personnes – une question qu’on a tendance à traiter par un suréquipement technique – et à celle de leur mobilité. Quand une personne ne peut plus bouger, notre réponse est de leur apporter de la vie en créant des lieux mixtes.

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