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L'écomobilité au coeur de la Smart City

L’écomobilité vise à réduire l’impact environnemental de nos modes de transport, surtout en milieu urbain. On l’appelle aussi mobilité durable, et c’est un des enjeux-clés de la smart city. Cette problématique s’inscrit en effet dans une approche de mieux-être sociétal et touche à l’aménagement des territoires. Voyons ensemble comment les smart cities peuvent contribuer à une « smart mobility ».

Concrètement, qu’est-ce que l’écomobilité ?

L’écomobilité désigne tous les modes de transport alternatifs à l’automobile individuelle, pour les trajets personnels ou dans un contexte professionnel (transports de marchandises, livraisons de colis…). Elle sert le bien commun en diminuant les émissions de polluants et gaz à effet de serre, et donc en limitant le réchauffement climatique.

Concrètement, l’écomobilité s’appuie sur 3 grands principes :

  • La multimodalité des transports, autrement dit la présence de plusieurs modes de transport sur un territoire,
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  • L’intermodalité, c’est-à-dire la possibilité de combiner facilement ces différents modes de transport entre eux (passer directement d’un train à un tramway sur le même quai, par exemple)
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Ex : à Paris, une station de Vélib est située proximité immédiate d’une bouche de métro

station vélib Paris

  • Les usages collaboratifs (véhicules partagés, covoiturage…).
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Une problématique qui s’inscrit au sein du territoire urbain  

En dehors du domaine écologique, l’écomobilité touche à de nombreux sujets, notamment :

  1. Les services publics (quelles offres de transport en commun proposer aux populations ?)
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  3. La santé publique (à travers la problématique de la pollution ou du stress)
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  5. L’aménagement indispensable des territoires et de l’urbanisme pour permettre la multimodalité et l’intermodalité
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  7. La sécurité (comment les différents modes de transport alternatifs peuvent-ils cohabiter sans danger ?).
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C’est pourquoi elle doit être prise en compte par les smart cities, qui intègrent l’ensemble de ces problématiques à leur réflexion autour d’une ville plus intelligente.

Comment les smart cities peuvent favoriser l’écomobilité

Les smart cities s’appuient sur la data afin de proposer à leurs habitants des solutions permettant une meilleure qualité de vie. Pour favoriser l’écomobilité, le principe est le même ! Les smart cities analysent l’ensemble des données disponibles liées aux transports sur leur territoire : nombre d’habitants, d’usagers de tel ou tel mode de transport, données locales fournies par les observatoires de mobilité ou les entreprises de transport, etc. Elles exploitent ensuite ces données pour prioriser les actions à mener. Parmi les différentes solutions les plus souvent envisagées, on trouve :

  1. La mise en place d’un réseau de transports en commun fluide et cadencé en fonction des besoins des populations. Par exemple, à Melun, certaines lignes de bus sont renforcées aux heures de pointe avec un bus tous les quarts d’heure au lieu de toutes les demi-heures habituellement.
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  3. L’aménagement du territoire pour favoriser des modes de déplacement doux (pistes cyclables, voies piétonnes…) et permettre un partage de la chaussée en toute sécurité (patinettes, gyropodes…). A Gap par exemple (région PACA), des pistes cyclables ont été créées pour permettre aux populations une liaison complète nord-sud de la ville en vélo.
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  5. La mise à disposition de modes de transports permettant de limiter la pollution (parcs de vélos du type Vélib’, voitures électriques en libre-service pour permettre l’autopartage…)

Ex : A La Rochelle, les voitures électriques Yelomobile sont disponibles en location en libre-service

voitures électriques

  1. L’ajustement des horaires des différents modes de transport collectifs pour une meilleure intermodalité (ex : lorsque mon bus arrive à destination, je peux enchaîner facilement avec un tramway qui part 2 minutes après)
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  3. La proposition de bornes de recharges électriques pour faciliter et développer l’usage de véhicules propres
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  5. La création d’espaces permettant de combiner facilement plusieurs modes de transport (aires de covoiturages accessibles en transport en commun, ou à l’inverse, parcs relais dans lesquels on peut arriver en voiture et repartir en tram, bus ou train)
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  7. L’extension et/ou la réorganisation de certains réseaux de transport. La ville de Barcelone a par exemple repensé son réseau de bus pour que 95% des trajets puissent se réaliser avec une correspondance maximum.
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  9. Le retour à des modes de propulsion archaïques (les visiteurs du Mont St Michel sont par exemple invités à aller du parking au monument à dos de cheval) ou au contraire le développement de transports futuristes (comme celui des véhicules solaires dans les régions désertiques)
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  11. Etc.

Le tout s’accompagne généralement d’une réflexion autour d’une billetterie unique pour accéder le plus simplement possible aux différents modes de transports alternatifs proposés. A Nantes par exemple, une carte magnétique unique permet d’utiliser à la fois bus, tramways, véhicules en autopartages et parcs de vélos.

Enfin, la smart city peut développer de nouveaux services en termes de transport et d’écomobilité grâce aux objets connectés. Par exemple, outre-Atlantique, des stations de bus connectées permettent de renseigner en temps réel les utilisateurs sur les horaires des prochains bus et d’adapter le trafic aux demandes.

Et demain ?

De nombreuses smart cities ont déjà commencé à intégrer la problématique de l’écomobilité au cœur de leur réflexion. Et pourtant, il reste encore beaucoup de choses à imaginer ! Des initiatives intéressantes devraient voir le jour dans les années à venir. Comme par exemple le projet de création d’autoroutes à bicyclettes en Allemagne (prévu pour 2025), le déploiement de navettes électriques autonomes dans certaines gares parisiennes ou encore l’apparition de minibus électriques sans chauffeur circulant sur des routes semi-fermées à Lyon.

En attendant, il faut continuer à sensibiliser les populations à cet enjeu, car une évolution des mentalités est indispensable pour changer nos façons de nous déplacer. On peut signaler sur ce sujet l’initiative intéressante de la « journée sans voiture ». Elle a lieu chaque année dans plusieurs villes de France et du monde et permet d’expérimenter d’autres modes de transport. Son objectif étant bien sûr d’entraîner une réflexion des usagers sur leurs habitudes en termes de déplacements.

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Environnement