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La Finlande, la Silicon Valley de l’e-santé ?

Des villes finlandaises utilisent les nouvelles technologies pour rendre l’accès aux soins plus efficace et réduire les dépenses de santé. Des idées pour la France ? 

Stopper la hausse des dépenses de santé

La Finlande serait-elle devenue un pays précurseur en matière d’e-santé et d’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans le domaine des soins ?

À l’instar de la France, la Finlande cherche à trouver des solutions à l’épineux problème des dépenses de santé. En France, celles-ci représentaient en 2012 pas moins de 11,6 % du PIB, contre 10,75 % en 2003, relevant pour l’essentiel d’un financement public. En Finlande, elles s’élèvent à plus de 9 % du PIB, financées pour les trois-quarts par le public. 

Dès lors, la question se pose : comment accroître l’efficacité de la santé publique sans rogner sur la qualité ? Comment enrayer cette croissance des dépenses publiques de santé ?

Les nouvelles technologies au service de la santé

La Finlande cherche à tirer profit des nouvelles technologies pour répondre à ces questions. Et les expériences sont d’autant plus aisées à mener que l’essentiel de la gestion des soins médicaux relève des collectivités locales

À Oulu, ville de 196 000 habitants située aux confins de la mer baltique, une plateforme digitale a été introduite en 2008. Elle permet aux patients de prendre rendez-vous, échanger électroniquement avec des docteurs ou obtenir une nouvelle ordonnance. Couplée avec une série de protocoles de soins auto-administrés, la ville est parvenue à endiguer la hausse des dépenses de santé, et le taux de croissance de celles-ci devrait être ramené à zéro en 2015. 

À cinq cents kilomètres au sud de Oulou, à Hämeenlinna, ville de 68 000 habitants, l’introduction en mars 2015, à l’initiative de la municipalité, d’un service de clinique virtuelle pourrait bien bouleverser les habitudes de ses habitants en matière d’accès aux soins. Ceux-ci peuvent à présent se connecter 24 heures sur 24 à un site en ligne et indiquer leurs symptômes. Les informations fournies peuvent être rentrées manuellement par l’utilisateur, mais provenir aussi d’objets connectés. Ces données sont combinées à celles fournies par Kanta. Ce service, initié en 2012 par les autorités sanitaires finlandaises, permet d’éditer et stocker des ordonnances médicales – et donc de produire un historique des antécédents médicaux des utilisateurs. Il enregistre également les volontés des citoyens en matière de dons d’organes. Kanta opère à la fois auprès des services de santé publics et privés. Un bilan de santé électronique est alors établi, assorti de préconisations. Il peut être ensuite envoyé au praticien ou à un centre de soins. « Si les symptômes s’avèrent nécessiter un traitement urgent, l’ordinateur peut orienter le patient vers un centre de santé local », précise l’un des concepteurs du système, Jari Numminen, de la municipalité de Hämeenlinna. Et il pourra recevoir, le cas échéant, une e-ordonnance, rédigée par un médecin du centre de santé auquel il est affilié.

Toutes ces différentes initiatives visent à rendre l’utilisation du temps du personnel de santé plus efficient, tout en décongestionnant les centres de soins. Avec bien sûr, l’objectif de limiter, voire de réduire, le coût global des dépenses de santé.

1.Chiffres 2012, source Eurostat

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Mots clés :

Energie, santé
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