0
905

Les mille et un défis pour rendre la ville intelligente 3/3

Au lieu d'avoir des bus à heures fixes qui sont vides dans la journée, des passagers peuvent réserver un transport à la journée, à la semaine ou au mois. Mais attention : ce n'est pas un service de taxi ! 

Des lignes de transport sur mesure dans le Beauvaisis

Laurence Goureau, responsable du service transports à l'agglomération du Beauvaisis.

« Nous avons évidemment des lignes de bus régulières, mais les horaires et les dessertes, pour les usagers qui travaillent dans de grandes zones d'emploi de l'agglomération, ne donnaient pas satisfaction », explique Laurence Goureau, responsable du service transports à l'agglomération du Beauvaisis. Comment les autorités ont-elles su que ce dispositif ne satisfaisait pas les usagers ? Grâce à une enquête et aux réclamations émanant du comité d'usagers. Les besoins ont donc été rapidement identifiés, d'autant qu'ils étaient associés au fait que les lignes régulières n'étaient pas, dans ces conditions, aussi performantes que l'auraient souhaité le prestataire et les autorités. L'agglomération s'est donc rapprochée de Corolis, la société de bus de la ville de Beauvais, et de son opérateur, Transdev, à qui l'agglomération délègue ces services publics, pour trouver une solution allant dans le sens d'une meilleure mobilité. Chronopro, à laquelle les salariés de plusieurs zones d'emploi mal desservies peuvent avoir recours, via une plateforme en ligne, le téléphone ou même une demande au chauffeur, est en test sur Beauvais depuis la rentrée. « Au début, les usagers ont exprimé des craintes, sur la qualité et la fiabilité du service, sans parler de l'utilisation de la plateforme dont ils redoutaient la complexité », admet la responsable du service transports à l'agglomération du Beauvaisis. Ces barrières ont vite été levées. A preuve, « nous avons même des travailleurs handicapés mentaux qui se servent sans difficulté de la plateforme pour réserver leur transport », souligne Laurence Goureau. Conséquence, la ville de Beauvais, qui compte 80 000 habitants, a bien l'intention de convaincre les usagers d'opter, pour ceux qui vont travailler en dehors de l'agglomération, pour le service de co-voiturage qu'elle vient également de lancer dans les mêmes conditions.

Chronopro – Pour se rendre au travail en temps et en heure

Valentin Fruchart, responsable marketing de Corolis

« Nous avons concentré nos efforts sur les horaires du matin et du soir, lorsque les salariés doivent se rendre à leur travail puis rentrer chez eux », explique Valentin Fruchart, le responsable marketing de Corolis. Du coup, au lieu d'avoir des bus à heures fixes qui sont vides dans la journée, les passagers peuvent réserver un transport Chronopro, à la journée, à la semaine ou au mois, qui les amènera in fine vers le hub des bus normaux. Mais attention, prévient-il, ce n'est pas un service de taxi ! » En revanche, le dispositif fonctionne de la même façon, avec un système de réservation par Internet ou appli. Mieux, l'appli est intelligente : elle indique à l'usager l'horaire nécessaire de montée dans le bus pour être à l'heure au travail, en fonction des autres demandes, et donc du trajet qu'effectuera le bus ce jour-là. Cette rationalisation satisfait déjà les clients, qui sont de plus en plus nombreux à créer un compte en ligne. Et Corolis ne veut pas en rester là. « Grâce aux remontées d'information des clients, que nous sollicitons, nous allons faire évoluer le système en test actuellement », conclut Valentin Fruchart.

Mon p'tit voisinage : la plateforme à tout faire, mais surtout créer du lien 

Pauline Hamon, Happy city manager pour Mon p'tit voisinage

« Ce sont souvent les collectivités qui viennent nous voir, remarque d'emblée Pauline Hamon, dont le titre - happy city manager - dit tout du réseau social d'entraide entre voisins, Mon p'tit voisinage, conçu par une start-up bretonne. Leur désir est de créer du lien social par le biais de co-voiturage, d'achats groupés, ou de tout autre service. » Et la plateforme, qui propose une interface taillée sur mesure pour les petites, moyennes et grandes collectivités territoriales, fait mouche. Lancée il y a deux ans, elle a déjà été déployée dans 30 communes à travers la France, et la start-up a été approchée par quelque 200 collectivités supplémentaires. Grâce à Mon p'tit voisinage, les collectivités territoriales peuvent opter pour le co-voiturage, afin de réduire leur empreinte carbone, par exemple, ou, les achats groupés, de bois, d'énergie, d'alimentation, afin de réduire les factures des habitants. Les communes peuvent aussi vouloir privilégier la consommation de produits locaux pour, là aussi, réduire l'empreinte carbone mais aussi dynamiser l'économie régionale. Tout, ou presque, est possible avec la plateforme. « En fait, on part rarement de zéro, constate Pauline Hamon, la communauté existe souvent déjà, il suffit de lancer une dynamique. Et les sujets résonnent vite dans l'esprit des gens. » Déjà devenu un champion national, la plateforme, qui vient de déployer une nouvelle version, veut désormais se développer hors des frontières de l'Hexagone, d'abord dans les pays francophones voisins. Elle veut également rajouter des « briques technologiques » à son système, pour devenir une plateforme de plateformes et offrir ainsi plus de lien et plus de bien-être aux citoyens. Enfin, la start-up s'engage auprès de tous ses clients à ne pas revendre les données collectées à des tiers.

Lysiane J.Baudu en partenariat avec La Tribune

Cet article a été consulté 905 fois.

Mobilité