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Montpellier, reine des smart cities françaises

Engagée dans une démarche de développement urbain innovant, Montpellier est considérée par une étude du Parlement européen comme la ville la plus intelligente de France.

Heureux montpelliérains : peut-être leur ville perdra-t-elle dans l’avenir le statut de chef-lieu de région au profit de Toulouse, mais ils vivent dans la plus smart des villes françaises. En 2014, Montpellier Méditerranée Métropole (nouvelle identité de Montpellier Agglomération) a reçu le label French Tech dont l'objectif est de dynamiser l'économie grâce à l'innovation. La même année, une étude publiée par la Commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie du Parlement européen identifie les 240 villes de plus de 100 000 habitants dites « intelligentes » dans l’Union européenne – dont 18 en France –, et la classe au premier rang français par le nombre de critères satisfaits.

 

Les smart cities en Europe – Parlement européen – 2014

Définis par Rudolf Giffinger, ces six critères sont généralement admis comme les principaux leviers permettant de rendre une ville intelligente : administration (gouvernance transparente associant les citoyens à la prise de décision), économie (flexibilité et esprit innovateur), mobilité (modes de transport sûrs et écologiques), environnement (gestion durable des ressources), habitants (créatifs, cosmopolites, ouverts d'esprit et parties prenantes de la vie publique) et mode de vie (conditions sanitaires et logement, installations culturelles et enseignement, cohésion sociale).

Laboratoire grandeur nature

Montpellier Méditerranée Métropole est passée à la vitesse supérieure en 2013 pour développer le programme de R&D « Cité intelligente », en signant un partenariat avec IBM, les universités Montpellier 1 et 2, l’IDATE – think tank spécialisé dans l’économie numérique – et plusieurs entreprises. Le territoire de l’agglomération présente l’intérêt de concentrer toutes les grandes problématiques urbaines : il constitue un immense laboratoire grandeur nature, pour explorer de nouvelles pistes sur la mobilité et les déplacements, la gestion de l’eau, des énergies et des déchets. Le concept repose sur des systèmes urbains interconnectés, dotés de capteurs disséminés sur le territoire pour récolter et traiter en temps réel un très grand nombre de données. Leur exploitation offrira de nouveaux services pour le citoyen et pour les gestionnaires de la ville.

Trois projets de R&D

Le programme « Cité intelligente » bénéficie d’un financement de 4,1 millions d’euros sur trois ans apportés par Montpellier Méditerranée Métropole, avec l’aide de l’État et de l’Europe, et complétés par les entreprises partenaires. Trois projets de R&D, prévus pour une durée de trois ans ont démarré dès 2013 et devraient donc s’achever en 2015 :

Plate-forme de mobilité multimodale temps réel

Ce projet proposera des services d’informations à partir du développement d’une plate-forme destinée à optimiser les déplacements quotidiens des habitants. L’objectif est d’anticiper le trafic routier et les horaires de desserte des transports publics et prévoir, une heure à l’avance, l’impact sur le trafic d’événements sportifs et culturels, afin de réduire les embouteillages en recommandant aux usagers les itinéraires et modes de transport les plus fluides. Le projet contribuera à la réduction de la part de la voiture dans les transports (objectif : passer de plus de 60 % en 2000 à moins de 50 % en 2020).

Système de surveillance des réseaux d’eau et de suivi des consommations.

Le projet vise à mettre en place un pilote permettant l’amélioration du rendement des réseaux d’eau potable et d’eaux usées et la production d’informations utiles aux usagers, notamment la détection de fuites. Pour le réseau d’assainissement, la détection des écoulements anormaux de nuit et, par temps de pluie, les déversements en milieu naturel.

Système de gestion des risques d’inondation.

Ce dispositif comprend un modèle météo fournissant des prévisions à deux jours couplé à un modèle de ruissellement. Il annonce ainsi des hauteurs d’eau prévisibles à 48 heures, rue par rue et permet aux autorités de prendre les mesures les plus pertinentes pour la gestion de crise. Le prototype met notamment l’accent sur la transversalité de la gestion des risques d’inondations, en identifiant les conséquences à l’échelle de chaque équipement, des milieux aquatiques et en détectant les pollutions accidentelles. L’objectif est de réduire de 20 % le montant des dommages d’inondations grâce à un dispositif d’alerte et de gestion multirisque et une coordination multi-acteurs plus efficaces.

Crédit photo : Wolfgang Staudt / Flickr 

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Mots clés :

Mobilité, quartier, territoires
Mobilité