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Plus de santé et bien-être avec le Well Building Standard

Le Well Building Standard est le premier référentiel mondial dédié aux apports du bâtiment au bien-être et la santé de ses occupants. Éclairage et explications.

Le Well Building Standard est-il un nouveau référentiel consacré à la construction durable ? Pas tout à fait. Présenté le 20 octobre 2014 par Jason F. McLennan, parfois considéré comme l’une des personnalités les plus influentes du secteur de la construction verte, cette accréditation, déjà adoptée par le US Green Building Council, n’est pas comparable aux BREEAM1 britannique, HQE2 français, LEED3 américain ou Green Star australien. Le Well Building Standard est le premier référentiel mondial consacré exclusivement à l’apport du bâtiment au bien-être et à la santé des occupants. « Développant les thématiques de l’air, l’eau, la restauration, la lumière, l’activité physique, le confort et le mental, cette certification originale permet d’attester les très bonnes pratiques de santé et de bonheur par l’immobilier. Le Well Building Standard s’appuie sur un référentiel centré sur l’occupant et pas sur le bâtiment », explique Hervé Moal, responsable du développement et de l’innovation chez ARP-Astrance, société spécialisée dans le conseil en immobilier auprès des entreprises et des collectivités.

Il a depuis longtemps acquis la conviction que le futur enjeu des bâtiments responsables à haute performance est de garantir un niveau de qualité élevé en matière de santé, de confort et de bien-être. L’intégration de ces trois paramètres, au coté des problématiques de réduction de la pression sur les ressources et de limitation des émissions de CO2, autorise des réflexions sur la valeur immatérielle dans l’immobilier, pour tirer le plus grand parti managérial et financier des investissements en la matière. « Notre environnement de travail joue sur la productivité, la concentration, la créativité et l’engagement des équipes poursuit Hervé Moal. De plus, dans nos sociétés, la mortalité est de moins en moins liée aux maladies infectieuses et de plus en plus aux maladies cardio-vasculaires ou au cancer, qui ne sont pas liés à un agent pathogène, mais à notre mode de vie. »

Thématiques originales

Le Well Building Standard, comme les autres accréditations, s’appuie sur un référentiel organisé en sept thématiques. Les quatre premières portent sur l’air, l’eau, la lumière, le confort. Si on retrouve ces thématiques dans les référentiels dédiés au développement durable, elles sont appréhendées ici sous un angle différent. Par exemple, le goût de l’eau est pris en compte, et ce ne sont pas les problématiques de limitation de sa consommation qui importent.

Les trois autres thématiques sont complètement originales : la première concerne l’activité physique, et analyse en quoi le bâtiment la favorise. Les escaliers sont-ils accueillants, lumineux, poussent-ils à éviter l’utilisation de l’ascenseur ? Les postes de travail sont-ils placés à des hauteurs différentes pour permettre le travail en station assise et debout ? Y a-t-il des salles de sport dans le bâtiment ? Le référentiel fait appel à des éléments portant sur le bâtiment lui-même, mais aussi sur son exploitation et l’accompagnement des personnes qui y vivent et y travaillent. Deuxième thématique originale : la nourriture. S’il y a accès à de la restauration dans le bâtiment, favorise-t-elle une alimentation saine ? La troisième thématique porte sur « l’esprit » du bâtiment : comment contribue-t-il au bien-être et à la santé psychique de ses occupants, en favorisant le rapport à la nature, en créant du lien social, en ménageant des lieux de convivialité ou d’intimité ?

Deux étapes

« La certification peut porter sur le bâtiment non aménagé (“core and shell”), poursuit Hervé Moal, en quelque sorte “Well ready”. Mais elle a été surtout conçue pour les aménagements des espaces de travail, soit par l'occupant seul, soit par un partenariat locataire et propriétaire. Elle représente une véritable avancée dans la certification des espaces de travail et l'usage d'un bâtiment. »

La certification se fait en deux étapes : une première étape documentaire permet de rassembler les preuves de conformité au standard.

La deuxième étape nécessite un audit sur site, incluant de nombreuses mesures et analyses de l’eau, de l’air et de la lumière.

Ce standard, né il y a quelques mois seulement, démarre tout juste en France. Au mois de mai 2015, trois bâtiments sont enregistrés en France, et il existe environ 70 projets de certification dans le monde. Mais devant la montée en puissance des problématiques de bien-être au travail, révélée par exemple à travers l’accord national interprofessionnel (ANI) de juin 2013 sur la qualité de vie au travail (QVT), on mesure que ce standard est bien dans l’air du temps. « C’est bien le premier référentiel qui parle pour les gens qui vont occuper le bâtiment : de ce fait, c’est un référentiel qui intéresse autant la DRH que la direction immobilière » conclut Hervé Moal. Et ce n’est pas un hasard si, dans des entreprises de plus en plus nombreuses, la Direction des services généraux, souvent rattachée à la DRH, est renommée Direction de l’environnement de travail.

1.BREEAM : Building Research Establishment Environmental Assessment Method

2.HQE : Haute qualité environnementale

3.LEED : Leadership in Energy and Environmental Design

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Mots clés :

Energie, bien-être
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