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Smart City et autosuffisance alimentaire : utopie ou réalité

À l’heure actuelle, on estime à 75% le taux de nourriture importée dans nos villes. C’est énorme, et ça crée des problématiques à la fois environnementales et sociétales. Dans une démarche d’amélioration continue, les villes intelligentes ont donc cherché de nouveaux moyens de réduire ce pourcentage. À terme, certaines ont même pour but de devenir totalement auto-suffisantes. Ça vous intrigue ? Alors intéressons-nous à cette problématique, et découvrons ensemble si c’est possible, et dans quelle mesure.

Pourquoi rechercher l’autosuffisance 

 

L’autosuffisance alimentaire ? Pour une Smart City, c’est la capacité à nourrir ses habitants uniquement grâce aux cultures locales et à l’agriculture urbaine. En quoi ça peut aider une ville intelligente à atteindre ses objectifs d’évolution ? En fait, l’autosuffisance alimentaire regroupe des avantages globaux :

  1. smart city ville intelligenteC’est une sécurité indéniable en cas de pénurie alimentaire.
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  3. Ça permet de réduire les coûts de production. L’agriculture urbaine est souvent à l’origine d’initiatives citoyennes, donc sur la base du bénévolat.
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  5. C’est inestimable pour la réduction des empreintes de carbone. Et oui, ça diminue de façon drastique le transport de marchandises en camion vers la ville.
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  7. Ça répond à des enjeux sanitaires. L’autosuffisance alimentaire permet à la Smart City d’avoir la main sur la production locale. Dans ce contexte, elle peut plus facilement prendre des mesures sanitaires comme la réduction ou la suppression des produits phytosanitaires ou des pesticides. Des actions impossibles à mettre en place si la nourriture est importée, et donc déjà traitée.
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  9. Enfin, une production locale fait bénéficier les citoyens de prix plus justes.

Pour résumer, l’autosuffisance alimentaire aurait un impact positif majeur sur l’environnement, l’économie mais aussi la santé et la qualité de vie des citoyens. Une gestion intelligente au service de l’environnement et des habitants, c’est là tous les enjeux de la ville intelligente d’aujourd’hui.

Mais comment espérer atteindre cette autosuffisance alimentaire ? Est-ce vraiment possible ? Ce qui est sûr, c’est que ça passe d’abord par l’utilisation de l’agriculture urbaine.

L’agriculture urbaine et locale au cœur des espoirs

 

L’agriculture urbaine, c’est la production d’aliments directement au sein des villes. Ça a des enjeux forts en termes de biodiversité, de préservation de l’environnement et de création de lien social. Et bien sûr, ça permet de répondre à une problématique alimentaire. Les habitants ou administrations publiques décident de végétaliser leurs toits, terrasses ou encore murs, pour y cultiver des aliments qui seront ensuite consommés en circuit court.

smart city agriculture urbaine ville intelligenteQuand on parle d’autosuffisance alimentaire, on ne peut donc pas faire l’impasse sur l’agriculture urbaine. À travers le monde, la plupart des Smart Cities développent cet aspect, plus ou moins efficacement. Quelques exemples ?

En Ile-de-France, 73 hectares de terre sont déjà cultivés par la population locale. Jardins flottants, potagers individuels et collectifs se multiplient.

À plus grande échelle, la ville d’Albi en France, vise l’autosubsistance alimentaire d’ici à 2020 pour ses 52 000 habitants, grâce notamment à l’agriculture urbaine. À Albi, la moindre parcelle de terre est utilisée pour la culture de fruits, de légumes et d’herbes aromatiques. Une production locale qui implique bien évidemment les citoyens dans la vie de leur commune.

Enfin, comment ne pas aussi prendre exemple sur le Salvador ? Là-bas, l’État a investi plus de 18 millions de dollars dans l’agriculture locale. De quoi inciter fortement à la production locale, et réduire sensiblement les importations de nourriture. Depuis 2009, le Salvador a triplé sa production locale de maïs et de haricots, pour atteindre 20 millions de tonnes en 2013. Le pays n’est bien sûr pas encore autosuffisant, mais c’est en bonne voie.

Évidemment, toutes les Smart Cities n’ont pas forcément le budget ou la possibilité d’investir dans l’agriculture locale et urbaine à grande échelle. C’est pourquoi l’autosuffisance alimentaire est encore considérée comme une utopie pour certains.

smart city agriculture urbaine ville intelligenteQuelques difficultés concrètes d’évolution

 

Malgré ses atouts indéniables, l’autosuffisance alimentaire se heurte à de nombreux obstacles.

Un manque d’espace

Le problème de l’agriculture urbaine, c’est que la ville, aussi étendue soit-elle, ne dispose généralement pas d’assez de parcelles cultivables pour produire suffisamment de nourriture. Chacun à son échelle peut végétaliser son environnement. Mais c’est loin d’être suffisant lorsqu’il s’agit de nourrir une ville entière, de façon régulière et organisée.

Un manque d’argent

Il arrive aussi qu’une Smart City ne dispose pas d’un budget suffisant à allouer au développement de l’agriculture urbaine. La raison ? Les nombreux autres chantiers de la Smart City, entre gestion énergétique, open-data ou encore réduction des déchets. Dans ce contexte, difficile d’étendre l’agriculture urbaine de façon suffisante pour atteindre l’autosuffisance alimentaire. Surtout que, dans la plupart des esprits, il s’agit seulement d’une utopie.

Un manque de volonté

Le développement de l’agriculture urbaine et de la production locale prend une place différente en fonction des politiques publiques des villes et des pays. Outre l’espace et l’argent, il peut donc s’agir d’un manque de volonté de la part des Smart Cities qui préfèrent se pencher sur d’autres sujets. Quand on y pense, c’est peut-être là l’obstacle majeur à une autosuffisance alimentaire réussie.

smart city agriculture urbaine ville intelligenteSi on reprend l’exemple d’Albi, outre son agriculture urbaine, la ville s’est lancée dans un chantier de construction pour la création d’une ZAD de 73 hectares. Elle est destinée à accueillir exclusivement des cultures maraîchères. Le plus de la pratique ? Des coûts d’occupation réduits. Ils sont de 80€ par an pour chaque maraîcher occupant la parcelle et acceptant de cultiver BIO.

Malgré sa taille réduite, la ville a donc pris le parti d’attribuer un budget suffisant aux cultures locales, et a même résolu en partie les problèmes d’espace et de coût.

On parle souvent d’autosuffisance alimentaire comme d’une utopie, comme d’une légende ou d’un mythe sans vraiment de fondement. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’autosuffisance est à l’heure actuelle tout à fait envisageable, du moins à long terme, et avec la volonté nécessaire. De nombreuses villes comme Albi font actuellement la démonstration de leur détermination, et mettent en place des actions tout à fait concrètes pour arriver à ce résultat. À terme, il n’est donc pas impossible de voir fleurir des villes autosuffisantes un peu partout dans le monde. Avec tous les avantages sociétaux, économiques et environnementaux de la chose, il s’agirait alors d’une des réussites les plus valorisantes que les villes intelligentes auraient connues.

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