Chapitre : 2

Le Hub Smart City 10/05/2019 - 08:55

City Data Amsterdam : des données ouvertes et centralisées

Amsterdam Smart City lights
Chapitre 2
Amsterdam est une ville intelligente notamment grâce à ses données ouvertes et centralisées ainsi qu'à l'implication de ses citoyens.

Comme mentionné dans le premier chapitre de ce dossier, ce qui fait d’Amsterdam une ville aussi intelligente, c’est que ses données sont accessibles en ligne sur le portail City Data (data.amsterdam.nl/, disponible uniquement en Néerlandais).

 

City Data : comment ça fonctionne ?

City Data recense de nombreux registres de données sur la ville. La plateforme centralise toutes les adresses d’Amsterdam, des données topographiques, cadastrales et bien plus.

On peut également y trouver des données plus spécifiques, telles que le nombre de logements dans un quartier ou la localisation d’impacts de bombardements datant de la Seconde Guerre mondiale. Ces dernières informations se révèlent particulièrement utiles pour le choix des sites de construction.

Sur le site web City Data, il est possible d’afficher ces données sur la carte de la ville, de les télécharger sous forme de fichier tableur (type csv), ou bien les lier automatiquement à son propre système via un code API par exemple.

En plus des données initialement fournies par la ville d’Amsterdam, City Data permet l’ajout d’informations provenant d’autres parties : citoyens, entreprises, associations, etc.

 

La data par les citoyens, pour les citoyens

Bien souvent, les données partagées par les utilisateurs de plates-formes numériques ont plus de valeur que le service offert. C’est typiquement le cas des réseaux sociaux, qui collectent les précieuses données de leurs membres.

Dans le cas d’Amsterdam, la valeur économique qui profite habituellement aux entreprises est redistribuée aux citoyens pour être réinvestie dans des solutions innovantes afin de répondre aux problèmes de la ville.

Depuis son lancement en 2009, l’initiative d’Amsterdam Smart City a contribué au développement de plus de 80 projets pilotes visant à rendre la ville plus intelligente.

Amsterdam vie de quartier tramway

Soigner la dépression grâce aux statistiques

Dans l'un des premiers programmes, le Département de la Recherche et des Statistiques a utilisé directement les données de la ville.

En croisant les données des compagnies d'assurance avec des informations sur le coût du traitement, les statisticiens ont fait un constat saisissant.

Certains quartiers d’Amsterdam présentaient des taux élevés d’habitants souffrant de dépression et ces personnes ne recevaient pas le niveau de soins adapté.

La ville a répondu à cette situation en injectant des fonds supplémentaires dans un programme d'éducation destiné aux personnes qui résistaient au traitement ou qui ne voulaient pas reconnaître leur maladie. Plus d’individus ont ainsi pu bénéficier de soins médicaux.

 

La cohésion amstellodamoise au-delà des données

La réussite de l’initiative Amsterdam Smart City n’est pas qu’une affaire de données. La ville n’en serait pas où elle est sans l’implication de ses habitants.

Comme nous avons pu le voir dans l’article précédent, les néerlandais ont appris à coopérer entre voisins depuis des siècles.

Cet esprit de co-solidarité se retrouve même dans la loi Vereniging van Eigenaren, qui couvre tous les appartements aux Pays-Bas. Si chaque appartement est indépendant, tous les habitants de l'immeuble sont cependant tenus de coopérer pour entretenir, nettoyer et assurer la solidité de la structure dans son ensemble.

Des frais de service sont versés chaque mois par chaque foyer pour alimenter un pot commun. Si la douche de votre voisin fuit et endommage votre plafond, vous pouvez ainsi réclamer des fonds au pot pour assurer les réparations.

 

L’application qui rapproche (encore plus) les voisins

L'application MijnBuur (« mon voisin ») facilite ces relations de voisinage en connectant les voisins entre eux. Ainsi, vous pouvez être alerté en cas de danger ou bien être notifié de toute information concernant la vie de la copropriété.

L’objectif est de responsabiliser davantage les citoyens et de résoudre les conflits sans impliquer la municipalité. Le projet permet de réaliser des économies tout en améliorant les relations entre les communautés. Il permet aussi de définir les futures politiques en fournissant au gouvernement des données utiles sur les problèmes communs entre les habitants de la capitale.

Rendez-vous la semaine prochaine pour le troisième volet, dans lequel on se penchera sur le tissu bouillonnant des start-ups à Amsterdam et son rôle dans le développement de la smart city.

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