Chapitre : 1

Le Hub Smart City 03/10/2019 - 15:54

Comment les citoyens se réapproprient l’espace urbain à travers la pratique sportive ?

Terrain de basket Underpass Park à Toronto
Chapitre 1
En plus d'être bénéfique pour la santé, le sport permet aux citoyens de créer du lien social et de se réapproprier les espaces de leur propre ville.

Le premier chapitre de ce dossier est l’occasion de montrer comment les initiatives de sport dans la ville peuvent être gagnantes pour tous. 

De nombreuses villes fournissent à leurs habitants des installations destinées à la pratique physique et sportive. C’est le cas des terrains de sport, piscines, patinoires, pistes cyclables, parcs, skateparks et autres équipements.

Une problématique qui se dresse est le manque d’espace et d’accessibilité à certaines installations. Pour y répondre, nous allons passer en revue des exemple de villes qui ont réussi à mieux exploiter l’espace urbain pour démocratiser encore plus le sport. Nous verrons aussi comment l’espace public peut devenir le terrain de sport.

Exploiter l'espace urbain pour construire plus d’équipements sportifs

L’une des nouvelles tendances est l’intégration d'installations sportives dans ou sur des structures utilisées à d'autres fins. Un centre commercial d'Osaka, au Japon, dispose sur son toit d'une piste de 300 mètres et d'un terrain de football.

Du côté de Washington DC, la Sidwell Friends School a construit des nouvelles installations sportives couvertes sous le terrain de sport existant. En plus de répondre à des contraintes d'espace, ce gymnase consomme moins d'énergie qu'une installation hors sol.

Les dernières tendances en matière de conception d'installations de fitness urbaines vont encore plus loin dans l'utilisation des espaces inutilisés.

Le Bentway à Toronto est un réaménagement de près de 2 kilomètres de terres en friche situées sous une autoroute surélevée. Des pistes cyclables et terrains de sport ont remplacé le place du terrain vague. L’espace se transforme même en patinoire en plein air à l’arrivée du grand froid canadien.

Patineurs sur la glace en plein Central Park, au cœur de New York

Glasgow Urban Sports a fait une proposition similaire. L’idée est de créer un parc sportif pour les jeunes à Glasgow sous un tronçon de la voie rapide M74. Le projet va transformer cette zone désaffectée en lieu attrayant pour de nouvelles rencontres sportives et sociales en milieu urbain.

Les terrains vagues ont attiré l’attention des développeurs urbains, activistes locaux et entrepreneurs. À Brooklyn, un terrain abandonné a été converti en parc à vélos pour enfants.

À Bombay, des entrepreneurs locaux ont profité de la popularité croissante du football 5 vs 5 en installant des terrains informels recouverts de gazon artificiel sur des terrains inutilisés ou dans des espaces publics.

Skateurs place de la République à Paris en train de faire des figures sur un banc

Quand l’espace public devient le terrain de sport

Installer de nouveaux équipements sportifs n’en garantit pas l’usage. Par exemple, certains skateparks construits au début des années 2000 sont aujourd’hui dépassés. De l’autre côté, des espaces urbains sont devenus des repaires à skateurs. On peut citer l’exemple de la place de la République à Paris (cf. photo ci-dessus). Et si l’espace public devenait l’espace éphémère diversifié et renouvelé du sport de masse dans la ville ?

En 2013, la marque Nike a mené une expérimentation dans le cadre de la campagne promotionnelle de sa collection de baskets FC247. Le dispositif Nike #MiPista a permis à deux équipes de jeunes de jouer de nuit devant le palais royal de Madrid. Un dispositif technologique lumineux lié à une application a projeté au sol les lignes d’un terrain de sport de football.

Vue aérienne du terrain de football lumineux par Nike FC247 #MiPista

C’est un bel exemple d’utilisation éphémère de l’espace public au service de la pratique sportive. Élodie Nourrigat, architecte urbaniste et professeure à l’ENSAM Montpellier, propose d’aller plus loin en imaginant un programme de luminaires qui projetterait au sol un terrain de foot ou de pétanque. Une façon intelligente de réinventer la fonction du lampadaire, élément déjà existant du paysage citadin.

La société Technilum fabrique du mobilier urbain d’éclairage. En association avec l’équipe d’Élodie Nourrigat, Technilum a commencé à proposer des solutions d’éclairage sur-mesure pour des projets particuliers. Une piste à explorer pour le futur ?

De manière encore plus simple, certaines nouvelles pratiques sportives ne nécessitent aucune installation particulière. Le parkour en est un bon exemple. Cette discipline acrobatique consiste à franchir des obstacles urbains comme dans un parcours du combattant. Elle est apparue en région parisienne dans les années 1990.

Dans cette lancée, le street workout utilise des objets urbains pour l’entraînement physique. Il combine gymnastique et exercices de musculation. Les athlètes utilisent bancs, bordures, escaliers et terrains de jeux.

La ville intelligente doit donner l’opportunité à ses citoyens de s’approprier l’espace public à leur guise. La technologie − lorsqu'elle est requise − ne doit venir que faciliter la mise en place des équipements.

Athlète de parkour en train de sauter en longueur sur un bâtiment
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