12/03/2019
Mis à jour le : 13/03/2019

Smart Cities : cap sur la transformation numérique

Par : Le Hub Smart City
Transformation numérique et smart city

Grâce à la technologie numérique, on peut gérer et partager les données de la ville pour la rendre plus intelligente et faciliter son développement.

Pas étonnant donc que le numérique soit aujourd’hui au cœur de tous les sujets de politiques publiques des Smart Cities.

Dans les grandes villes du monde mais également dans les plus petites, le digital est omniprésent. Découvrons les transformations numériques au cœur de la Smart City !

 

UNE NOUVELLE GESTION DES VILLES

GRÂCE AU DIGITAL

Les transformations numériques permettent d’améliorer le niveau de vie des habitants et de mieux répondre aux besoins économiques, sociaux ou encore environnementaux. Mais dans quelle mesure ? Cela passe par la mise en place plusieurs initiatives !

 

L’éclairage intelligent

En France, 9 millions de points lumineux fonctionnent en moyenne 4 000 heures par an. Quant à l’éclairage public des villes, il représente près de la moitié de la consommation d’électricité des collectivités territoriales, soit environ 18% de leur consommation toutes énergies confondues.

La maîtrise de l’énergie étant un enjeu primordial dans la Smart City, il est important d’investir dans des technologies toujours plus intelligentes.

L’éclairage intelligent intervient dans ce contexte. De nombreuses technologies sont aujourd’hui implantées un peu partout afin de le rendre encore plus intelligent. En voici plusieurs exemples.

 

1/ Les capteurs de mouvement 

Placés sur les lampadaires, ils permettent l’éclairage seulement lorsqu’il y a du passage, favorisant ainsi les économies d’énergie.

En France, Toulouse est l’une des premières à avoir testé ces lampadaires intelligents. La ville rose a mis en place 100 lampadaires à capteurs de mouvement, s’allumant au passage du piéton, et s’éteignant par la suite. Ce test a permis de diviser la facture d’éclairage de la ville par cinq !

 

2/ Le « dimming »

Cette technologie consiste à abaisser le flux lumineux de l’éclairage public en réduisant la tension d’alimentation aux heures de faible fréquentation pour réaliser des économies.

 

3/ La télégestion

C’est un système de gestion globale de l’éclairage public s’effectuant à partir d’un centre de contrôle où les informations sont transférées à chaque point lumineux de manière à commander leur allumage ou leur mise en veille en fonction des pics de consommation.

 

Les objets connectés

Au cœur de la Smart City, de nombreux autres chantiers de transformation numérique sont lancés. Les objets connectés représentent l’une des avancées numériques les plus probantes.

On découvre des abribus avec connectique Wi-Fi, des voitures avec capteurs intelligents et même des bancs publics autonomes en énergie ! Ces derniers proposent des services de recharge d’appareils électriques. Leurs écrans intégrés affichent des informations municipales ou culturelles, permettant de connecter le citoyen avec sa ville.

À Bordeaux, on retrouve un certain nombre d’objets urbains connectés. En avril 2016, la ville a lancé son projet « Hello Lamp Post » pour une durée de six semaines.

Le concept, surprenant, consiste à communiquer par SMS à l’aide de son smartphone avec différents objets : lampadaire, poubelle, horodateur, etc.

L’objectif était alors de récupérer la référence inscrite sur l’objet puis d’envoyer un SMS au numéro de l’expérience (disponible sur le site internet de l’objet) en utilisant ce format : « Salut objet #code ».

La discussion avec l’objet connecté démarrait de cette manière. L’objet livrait des informations fournies par de précédents joueurs. Le but de ce projet était de faire changer le regard des habitants sur leur environnement quotidien, proposant de nouvelles expériences à la frontière entre le physique et le digital.

Eh oui, une ville ne peut devenir intelligente que si ses citoyens font preuve d’une véritable volonté de changement !

 

LES HABITANTS AU CŒUR DES SMART CITIES

Les habitants renforcent leur sentiment d’appartenance à leur ville lorsqu’ils participent à son développement. La ville intelligente souhaite donc placer les habitants au cœur du numérique, notamment via des applications participatives.

 

Des applications participatives

Elles répondent à un enjeu politico-économique, en réduisant le fossé existant entre habitants et élus de la ville. Les données sont collectées en temps réel puis analysées pour fournir des services adaptés aux besoins de tous.

Les applications participatives permettent également aux citoyens de donner leur avis sur les projets de leur ville.

Par exemple, la Ville de Paris propose à ses occupants de modifier le visuel urbain selon différents critères d’aménagement : place du végétal, importance des pistes cyclables, etc. Cela se fait via une application sur tablette et à partir d’une base de données d’images.

L’application a permis de découvrir que les habitants ont des envies similaires : ville dense, végétalisée, pourvue de transports en commun. Ils privilégient l’intérêt commun et le confort de tous les citoyens plutôt que leur intérêt individuel.

 

Des risques à prendre en compte

Bien qu'elles répondent à de nombreux objectifs SMART*, ces avancées technologiques inquiètent. L’ouverture des données, la multiplication des capteurs et des objets connectés reliés en réseau internet peuvent empiéter sur la liberté et la sécurité de chacun.

Les défenseurs des libertés individuelles pensent à la sécurisation des données notamment, parce qu’il est impossible d’empêcher un piratage. Comment ne pas aussi craindre une surveillance de masse dans notre vie quotidienne grâce aux capteurs présents dans la ville et à la géolocalisation constante ?

Néanmoins, des solutions sont envisageables afin de limiter les risques. Il est important de noter que dans une Smart City, les données collectées ne sont pas toutes des données personnelles mais des données “statistiques” permettant de faire évoluer une ville.

La CNIL recommande d’ailleurs de réaliser une étude d’impact sur la vie privée avant toute mise en route de capteurs ou d’autres objets connectés dans les villes. Cela afin de connaître les éventuels effets néfastes.

*Objectifs SMART : spécifiques, mesurables, acceptables, réalistes, temporellement définis

 

QUEL FUTUR ENTRE

OPEN DATA ET SMART CITY ?

Les besoins sociaux, environnementaux et économiques de la planète poussent les Smart Cities à répondre à ces nouvelles problématiques de façon innovante, notamment via le numérique. Les avancées technologiques permettent de collecter, stocker et exploiter toutes les données nécessaires en temps réel, pour rendre la ville plus intelligente.

La protection des données reste néanmoins un sujet tabou à étudier en profondeur. Rassurer les populations et les acteurs de la vie publique est en effet essentiel pour faire évoluer les mentalités et développer les Smart Cities jusqu’à leur plein potentiel.

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