11/07/2018
Mis à jour le : 02/08/2018

Comment sauver la ville par l’agriculture ? Yohan Hubert, fondateur de Sous les fraises, répond.

Par : Le Hub Smart City
Yohan Hubert fondateur de sous les fraises
Verdir les villes pour y vivre mieux. Construire des bâtiments plus résilients et durables. Mais aussi maitriser notre alimentation et la qualité des produits que nous consommons. Innovante par nature, l’agriculture urbaine se trouve à la croisée de problématiques urbaines, sociales et environnementales. Quelle place aura-t-elle dans la ville de demain ? Rencontre avec Yohan Hubert, qui en 2014 a fondé Sous les fraises, devenu depuis leader européen du secteur.

De quoi l’émergence de l’agriculture urbaine est-elle le signe ?

Dans le monde entier, l’agriculture urbaine émerge en réaction à l’expansion des espaces urbains avec la volonté de l’humain d’adoucir cet univers parfois agressif en rendant la ville plus verte. En parallèle, nous nous posons de plus en plus la question de notre consommation alimentaire, de la qualité et de la traçabilité des aliments. La génération qui prend aujourd’hui la main sur notre société est convaincue de l’urgence de changer de mode de vie. 

Comment Sous les fraises répond-elle à cette problématique ?

Nous participons à la végétalisation des villes, et nous produisons des fruits, légumes et plantes aromatiques sans pesticides, ni herbicides, distribués en circuit court (les produits transformés sont vendus sous la marque Farmhouse). En fait, nous cherchons à changer le monde… tout en améliorant notre qualité de vie. Nous pensons que si nous évoluons dès aujourd’hui, changer de mode de vie ne sera pas un sacrifice.

« Avec Sous les fraises, nous cherchons à changer le monde tout en améliorant notre qualité de vie. »

Comment est née votre start-up ?

Sous les fraises est née du croisement de deux savoir-faire : un savoir-faire agronomique et un savoir-faire en termes de construction et d’organisation sociale de la ville. Au départ, nous accompagnions les collectivités de la région Rhône-Alpes, qui voulaient créer des « espaces verts» dans la ville, en cherchant pour elles un système de culture qui pourrait fonctionner sur une grande diversité de toitures. Les solutions les plus connues, comme des bacs en bois remplis de terre ou de la terre posée à même le toit, étaient intéressantes mais générait des surcoûts énormes, en termes de construction tout comme de  réhabilitation, car elles nécessitaient d’augmenter sans cesse l’importance de la dalle qui les soutenait. Nous avons donc cherché une solution plus légère et modulable, et abouti au système breveté de permaculture verticale que nous utilisons aujourd’hui.

 

Comment fonctionne ce système innovant ?

La culture se fait sur une membrane hydrobiologique qui combine chanvre et laine de mouton. Légère et durable, biosourcée en France, cette membrane permet de créer des volumes sur la toiture, et des espaces protégés du vent et de la pluie. Un mélange de compost et de micro-organismes remplace la terre et l’irrigation se fait en circuit fermé, la structure végétale transformant les eaux grises en eau potable. Ce système entièrement autonome est géré à distance par une application que nous avons développée, qui permet d’évaluer les besoins de chaque plante en temps réel.

 

La ferme urbaine que vous avez créée sur le toit des Galeries Lafayette Haussmann a marqué les esprits. Vous travaillez aujourd’hui autant avec des acteurs privés que publics ?

Nous continuons en effet de travailler main dans la main avec les collectivités, heureux d’accompagner la politique publique. Et nous avons aussi à cœur de faire correspondre nos objectifs environnementaux avec les objectifs privés de promoteurs ou de foncières. Nous leur apportons notre double savoir-faire : sur l’urbanisme et le bâtiment d’une part, et sur l’agriculture d’autre part. Nous permettons aux propriétaires d’immeubles d’innover dans leur approche environnementale, de valoriser leurs actifs (), et de d’avoir une plus-value au moment de la commercialisation.

« Sous les fraises permet aux propriétaires d’immeubles d’innover dans leur approche environnementale, de valoriser leurs actifs et de faire la différence face à la concurrence. »

En quoi une entreprise comme Sous les fraises s’inscrit-elle dans la logique de la Smart City ?

En accompagnant les constructeurs sur la meilleure façon d’opérer de nouveaux projets, nous intervenons sur la conception et la création du bâtiment de demain, un bâtiment résilient qui gèrera lui-même ses eaux de pluie et ses eaux grises, ses biodéchets… Cette approche à la fois technique et environnementale résonne complètement avec le concept de Smart City.

sous les fraises Atelier jardinage
Atelier jardinage BHV - Sous les fraises

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