23/01/2018
Mis à jour le : 08/06/2018

Le point sur les Smart Cities et l’écoresponsabilité

Par : Le Hub Smart City
Le Hub Smart City écoresponsabilité

D’ici 2050, le nombre de citadins dans le monde devrait doubler, atteignant ainsi les 6,3 milliards. Cette prévision représente un véritable challenge environnemental à relever, car les villes sont un mode d’organisation très polluant. Elles sont par exemple responsables de plus de deux tiers des émissions de gaz à effet de serre, et jouent un rôle important dans le réchauffement climatique et la pollution atmosphérique. Il est donc urgent de réagir. Heureusement, les smart cities prennent cette problématique en compte et s’efforcent de lancer des projets écoresponsables. Petit tour d'horizon des initiatives lancées !

L’écoresponsabilité, c’est quoi au juste

L’écoresponsabilité, c’est tout simplement le nom qu’on donne aux comportements responsables vis-à-vis de l’environnement. Autrement dit : ceux qui visent à préserver l’environnement et à réduire l’impact de notre empreinte sur lui. C’est donc un sujet très large. Il touche des problématiques aussi diverses que la réduction des déchets, l’utilisation d’énergies renouvelables, la restriction des déplacements automobiles individuels, la lutte contre le gaspillage des ressources, etc.

Quel lien avec les smart cities ? L’écoresponsabilité est un de leurs sujets-clés. L’objectif de ces dernières est en effet de proposer un cadre de vie plus agréable à leurs habitants, notamment en prenant en compte les enjeux environnementaux auxquels notre société doit faire face.

En s’appuyant sur la données et l’innovation, les smart cities sont en mesure d’apporter des solutions concrètes à des problèmes environnementaux récurrents. On passe en revue ensemble quelques exemples concrets ?

Le Hub Smart City écoresponsabilité

Des lieux de vie éco-friendly

Ce qui caractérise les villes, c’est d’abord une forte urbanisation, avec tout ce que ça implique : consommation énergétique accrue, pollution, diminution des espaces verts… Heureusement, les smart cities s’efforcent désormais de mieux concilier cette nécessaire urbanisation (pour loger les populations) avec un respect maximal de l’environnement. On assiste ainsi à l’émergence de projets urbains et immobiliers éco-friendly qui jouent sur plusieurs fronts : sensibilisation des populations, utilisation des énergies renouvelables, digitalisation du mobilier urbain, etc.

A Montpellier par exemple, le projet Mantilla, inauguré en 2015, a consisté à créer des logements incitant leurs habitants à adopter des comportements écoresponsables. Il est composé de 7 bâtiments entourant un espace vert de 2000 m2. Le chauffage et la climatisation des logements s’appuient sur des énergies renouvelables à 80%, et un millier de capteurs ont été disséminés dans les immeubles. Ils donnent en temps réel des informations à leurs habitants sur leur consommation énergétique, engendrant ainsi des comportements environnementaux vertueux.

Sur le sujet du mobilier urbain, plus de 80 000 lampadaires intelligents ont été installés au Danemark, en Irlande, en Finlande, aux Pays-Bas, en Espagne, en Norvège et en France pour réaliser des économies d’énergie. Leur principe est simple : ils sont équipés de détecteurs de présence et ne s’allument que si cela s’avère nécessaire.

Concernant les bâtiments durables et écoresponsables, Paris envisage la construction de gratte-ciels dépolluants d’ici 2050. Equipés de toits photovoltaïques et construits à partir de matières vertes, ils permettraient de réduire la pollution atmosphérique en absorbant par effet photo-catalytique les gaz toxiques dus au trafic parisien.

Le Hub Smart City écoresponsabilité

Le transport au service d’une croissance verte

Le trafic, justement, parlons-en. Les moyens de transports urbains ont une forte responsabilité dans l’émission de gaz polluants et le réchauffement climatique. C’est pourquoi les smart city favorisent l’écomobilité, autrement dit une mobilité plus respectueuse de l’environnement.

On assiste ces dernières années à un grand retour du vélo, dans de nombreuses métropoles. A Bogota par exemple, les populations sont incitées à délaisser leur automobile au profit du vélo : tout est fait pour faciliter leur usage, grâce notamment à la création de 376 kilomètres de piste cyclable. En Allemagne on prévoit même la construction d’autoroutes à bicyclettes, prévues pour 2025. Et les dispositifs de vélos en libre-service sont désormais courants un peu partout dans le monde. Placés à proximité d’autres moyens de transports (à la sortie d’une bouche de métros, proches d’une station de tramway…) ils favorisent l’intermodalité.

Sur le même modèle que les Velib et compagnie, les voitures électriques en libre-service (Autolib en Ile-de-France, Marguerite à Nantes, Yelomobile à La Rochelle…) sont elles aussi bien intégrées aux modèles urbains. Dans le Cher, plus d’une centaine de bornes de recharge électriques sont prévues pour faciliter l’usage de ces véhicules propres, et une appli mobile permet de savoir lesquelles sont disponibles, pour éviter des trajets inutiles.

Enfin, les villes intelligentes ont à cœur d’offrir une offre de transport en commun riche pour limiter les déplacements individuels.

Mais au-delà de toutes les initiatives qu’on vient de voir, une problématique forte demeure : celle du désir de nature en ville.

Quand la nature reprend ses droits…

Etre écoresponsable, c’est aussi préserver sur notre planète biodiversité et espaces verts, réussir à faire cohabiter l’humain, le végétal et l’animal.

Si le manque d’espaces fonciers limite la création de nouveaux espaces verts, il est possible de contourner cette problématique grâce à la verticalisation de ces-derniers. Les jardins suspendus en sont un bon exemple, tout comme les fermes agricoles qui émergent ici et là sous ce format (Singapour, Pays-Bas…).

Les murs végétaux ou toits végétalisés permettent eux-aussi de rentabiliser l’espace, tout en accueillant des espèces animales (papillons, insectes, lézards…). Cela permet de limiter la régression de notre biodiversité actuelle, tout en améliorant le confort de vie des populations grâce à une meilleure oxygénation des villes.

Ce qui reste à construire

On l’a vu : les smart city ont l'ambition de limiter notre impact sur l’environnement. Pour autant, ces nombreuses initiatives ne peuvent changer la donne sans une prise de conscience, une modification des comportements individuels et collectifs. C’est pourquoi une sensibilisation à des comportements écoresponsables est indispensable. Dans ce cadre, l’ADEME a lancé en France un guide de l’écoresponsabilité. Principalement destiné aux entreprises et acteurs publiques, ils les invitent à venir piocher des idées d’actions concrètes à mettre en place.

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