20/03/2019
Mis à jour le : 20/03/2019

Smart City et agriculture urbaine : quels enjeux ?

Par : Le Hub Smart City
Agriculture urbaine en ville

Les smart cities émergent depuis quelques années un peu partout dans le monde. Elles s’imposent comme la solution naturelle aux problématiques créées par l’urbanisation massive.

Notamment : comment répondre aux besoins alimentaires grandissants des populations, à l’heure où les ressources de la planète se font de plus en plus rares ? Quelles solutions s’offrent à nous pour un mode de vie plus intelligent ?

Pour remédier à la fois aux problématiques environnementales et de consommation, l’agriculture urbaine a fait son apparition. Quels en sont les effets et les enjeux aujourd'hui ?

 

L’AGRICULTURE URBAINE ET SES ENJEUX

Zoom sur l’agriculture urbaine

L’agriculture urbaine vise à produire des aliments au sein d’espaces publics urbains. Elle s’étend aussi à l’élevage de petits animaux trouvant leur place en ville, comme les poules ou les lapins.

Ce mode de production est dédié à la consommation en circuit court. Les citoyens cultivent en effet leurs aliments sur leurs toits, dans les cours d’immeubles, les parcs, les écoles, etc. puis les consomment directement.

L’agriculture urbaine s’inscrit dans une dynamique d’amélioration de la qualité de vie des citoyens, mais aussi de gestion écologique intelligente. À l’heure où l’on constate un besoin grandissant des populations de se reconnecter à la nature et d’expérimenter des modes de vie plus sains, le concept a naturellement le vent en poupe.

Concrètement, l’agriculture urbaine agit sur :

  • L’enrichissement de la biodiversité végétale

  • La diminution des émissions de CO2 et de carbone

  • La sensibilisation des populations à la problématique environnementale

  • La facilitation des échanges entre populations

 

Vers une dynamique d’autosubsistance… ou pas

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’agriculture urbaine n’a pas seulement vocation à être nourricière. En effet, elle ne peut à elle seule subvenir aux besoins complets des citoyens d’une ville.

Les parcelles cultivées sont la plupart du temps de petite taille, et servent davantage à compléter l’alimentation des habitants avec des produits frais à moindre coût. Là où l’on peut dire que l’agriculture urbaine constitue en ce moment une réelle avancée, c’est dans sa capacité à augmenter le capital social et l’engagement de la communauté qui y prend part.

Car au-delà de la production brute de produits naturels, les fermes urbaines contribuent à renforcer les liens entre les populations. C’est d’ailleurs ce qu’affirment les chercheurs de l’Université John Hopkins, qui ont étudié ses effets sur la communauté urbaine.

À Montreuil par exemple, le jardin collectif de 800m² de l’A.F.M.M, (l’Association des Femmes Maliennes) permet aux habitantes de la ville de se retrouver autour d’intérêts communs.

La tendance est également aux potagers d’entreprise, qui permettent de développer un réel esprit d’équipe entre les participants.

Dans tous les cas, les individus sont liés par une cause commune et développent rapidement un esprit communautaire. C’est donc plus facile d’entrer en relation avec l’autre et d’entamer ensemble des réflexions sur l’avenir du quartier par exemple.

Plus que des parcelles de terre, ces espaces participatifs de co-décision favorisent indéniablement la réinsertion et la mixité sociale.

 

BÂTIR ENSEMBLE LA SMART CITY DE DEMAIN

Comme on l’a vu, l’agriculture urbaine ne suffira pas pour l’instant à mettre fin aux problématiques alimentaires majeures dans le monde.

Elle permet certes une meilleure maîtrise alimentaire, mais elle fait aussi partie d’un ensemble d’actions indispensables à mener au cœur de nos villes pour sensibiliser les populations à un mode de vie plus écologique et basé sur la solidarité et le lien social.

Pour une raison comme pour l’autre, on ne peut donc pas faire l’impasse sur cette avancée. Et chacun a un rôle à jouer !

 

L’humain au cœur du mouvement

Carte des jardins partagés à Paris

En France, de nombreux habitants s’attèlent déjà à bâtir la smart city de demain au moyen de fermes ou de jardins partagés.

À titre d’exemple, voici la géolocalisation de tous les jardins partagés recensés par le site paris.fr dans la capitale.

Localisation des jardins partagés à Paris – site paris.fr

Il ne s’agit là que de ceux recensés par le site, et la liste est non exhaustive !

Les initiatives se multiplient ainsi à Paris, en France et dans le monde :

  • Le potager de 600m² sur le toit de l’hôtel Pullman Tour Eiffel à Paris

  • La gigantesque ferme urbaine de la gare Saint-Sauveur à Lille et ses 300 « smartpots » (cultures en pot déplaçables)

  • La fameuse « Brooklyn Grange Farm » à New-York 

  • La célèbre ferme Lufa à Montréal et ses 3 000 m² de serre urbaine. Celle-ci consomme énormément d’énergie, mais constitue l’une des seules fermes sur toit rentables. Elle contribue en effet à alimenter 2 000 personnes.

 

L’agriculture reprend petit à petit possession des espaces urbains de nos villes. Et si de plus grands projets tels que la ferme Lufa sont à présent envisageables, c’est également grâce aux administrations publiques.

 

Le rôle prépondérant des administrations

Eh oui, les actions citoyennes sont indispensables !… mais malheureusement pas suffisantes pour développer le plein potentiel de l’agriculture urbaine.

Une coopération entre citoyens et administrations est nécessaire. Alors, que peuvent faire les administrations pour repousser les limites de l’agriculture urbaine ?

 

La data en marche

L’une des pistes envisagées par les villes passe par la collecte de datas en suffisamment grande quantité afin d’optimiser la création et la gestion de ces espaces urbains végétalisés.

De nombreux organismes permettent ainsi aux habitants de fournir des données précieuses sur les caractéristiques de leurs parcelles individuelles et collectives. C’est le cas de l’Observatoire de l’agriculture urbaine et de la biodiversité en France, qui utilise ces datas pour créer des indicateurs cartographiques précieux.

Superficies agricoles, types de productions dominantes : en apprenant plus sur ces pratiques, l’organisme peut mieux gérer et orienter les effets de l’agriculture urbaine sur la biodiversité. Il devient par exemple plus simple de créer des corridors écologiques ou de penser l’aménagement pour optimiser les cultures en fonction de l’ADN de chaque ville.

 

Des politiques publiques engagées

Pour permettre l’épanouissement d’encore plus d’initiatives citoyennes, les villes doivent aussi sensibiliser le plus possible leurs populations à l’agriculture urbaine, en menant des politiques publiques engagées. Elles fleurissent actuellement un peu partout.

Paris a par exemple créé un programme « main verte » pour inciter les citoyens à prendre part à l’aventure.

À Nantes, Bruxelles, Lille, Roubaix, Strasbourg ou encore Toulouse, le rendez-vous « 48h de l’agriculture urbaine » fait quant à lui de plus en plus d’adeptes chaque année. Il consiste en une présentation de l’agriculture urbaine et propose une multitude d’ateliers pratiques aux visiteurs.

Enfin, on ne peut oublier de citer Montréal, l’une des plus développées en termes d’agriculture urbaine. La ville a même créé une école dédiée à ce sujet.

 

QUEL FUTUR ESPÉRER ?

Si l’on parvient à convaincre les populations et à rassembler assez de données sur l’agriculture urbaine, alors celle-ci pourrait bien s’ancrer durablement dans chaque ville du monde, et représenter finalement une voie de production alimentaire crédible. Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir, mais les mentalités semblent, pour la plupart, prêtes à évoluer.

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