28/06/2019
Mis à jour le : 28/06/2019

De la smart à la slow city : ce que veulent les citoyens

Par : Le Hub Smart City
Un petit village de Toscane en Italie, incarnation parfaite de la « cittaslow »

Le phénomène smart city s’est emparé des gouvernements, institutions et entreprises partout à travers le monde. Mais ce modèle convient-il réellement à ses principaux intéressés : les habitants des villes ?

Les différents acteurs de la ville développent des technologies toujours plus avancées dans le but de collecter des données, d’améliorer les communications et de partager des informations.

On pourrait se demander quelle est la finalité de toutes ces innovations. Vouloir aller toujours « plus vite, plus haut, plus fort », comme le clame la devise olympique ? Si tel est le cas, est-ce vraiment au service du bien-être des citoyens ?

Pour beaucoup, cette dépendance à la vitesse peut être déconcertante. Car contrairement aux entreprises et organisations, les citoyens n’ont pas la nécessité d’être toujours plus rapides ou plus productifs.

Plusieurs initiatives de recherche montrent que les villes doivent être « vivables » pour favoriser le bien-être et la productivité. La qualité de vie dans les villes intelligentes ne devrait donc pas être (uniquement) associée à la vitesse et à l'efficacité.

 

Un peu de lenteur dans un monde hyperactif

De nombreux facteurs influencent le rythme de la vie urbaine : les émotions et souvenirs des habitants, l’environnement bâti, la vitesse des déplacements, les technologies qui connectent les personnes à un lieu donné, ou les en détachent, etc.

Alors que les villes du monde entier deviennent de plus en plus rapides et « intelligentes », il doit aussi rester des moments qui font place à la lenteur. Des moments pendant lesquels les citoyens peuvent dialoguer avec leur ville, la redécouvrir et l'apprécier en pleine conscience.

En somme, des moments dont la réussite ne s’apparente pas à une quête effrénée de la performance, mais qui valorisent les rencontres et les expériences humaines.

Les villes fournissent un environnement dans lequel les gens peuvent se déplacer, se rencontrer, communiquer et explorer de nouveaux espaces. Or, les recherches montrent que ces expériences sont vécues différemment selon le rythme de l'activité et l'environnement urbain : rapide ou lent, agité ou calme, spontané ou réfléchi. Quels types d’expériences voulons-nous vivre ?

 

Les origines de la « slow city »

Les approches « lentes » ont été introduites comme antidote à de nombreux aspects pervers de la vie moderne, cherchant la vitesse à tout prix, au risque de trouver la superficialité.

Par exemple, le mouvement « slow reading » encourage les lecteurs à prendre le temps de se concentrer, de contempler et de se plonger dans ce qu’ils lisent, plutôt que de lire en diagonale.

De même, le « slow food movement » a commencé en Italie en 1986 pour protester contre l'ouverture d'un restaurant McDonald's à Rome.

En 1999, le maire de Greve in Chianti, une petite ville de Toscane, s’en est inspiré pour préserver le caractère local de la commune et de sa région, tout en développant une économie tournée vers l'avenir.

D’autres cités italiennes ont adopté cette philosophie. C’était le début du mouvement « cittaslow », à l’origine de la « slow city ».

La Toscane, berceau du phénomène slow city
La Toscane, berceau du phénomène slow city

Qu’est-ce qu’une slow city plus exactement ?

Les villes lentes ont pour vocation d’améliorer la qualité de vie de leurs citoyens en réduisant la pollution et la circulation, ainsi qu’en favorisant une meilleure interaction sociale au sein des communautés.

Pour devenir une slow city, une ville doit répondre à un certain nombre de critères, dont la mise à disposition d'espaces verts, d'infrastructures et d’une connexion Internet accessibles à tous, ou encore la promotion des énergies renouvelables et des transports durables.

Les villes lentes sont source de modèles comportementaux plus sains chez les citoyens. Résultat : ces derniers se sentent plus engagés dans la vie citadine et y trouvent plus de sens.

Si ces directives présentent une feuille de route claire pour les administrations municipales, il existe également des moyens pour que les populations locales puissent promouvoir une philosophie de ville lente dans les villes les plus remuantes du globe.

À Londres par exemple, artistes et activistes ont organisé des marches lentes pour encourager le grand public à s’impliquer dans les espaces urbains et montrer à quel point leurs expériences de la ville peuvent varier selon la vitesse de déplacement.

 

Comment ralentir la smart city ?

Placer les préoccupations des citoyens au cœur des politiques des villes intelligentes a toujours été un véritable défi.

Et si la technologie a été en mesure de donner aux citoyens un accès instantané à un large éventail de données, elle a rarement été utilisée pour améliorer leur expérience réelle de ce lieu.

Ralentir la vitesse de croissance des villes intelligentes pourrait donner aux citoyens la possibilité d'explorer l'environnement urbain à différentes rythmes, chacun offrant une expérience unique.

Par exemple, la technologie permet de mettre en place des installations ou projections qui racontent l’histoire de personnes et lieux historiques, enrichissant ainsi l’expérience de la ville.

 

Les « smart slow cities » ou le meilleur des deux mondes

Les villes à la fois lentes et intelligentes tirent le meilleur parti des deux approches. En effet, elles aident leurs citoyens à se connecter à l'histoire, au présent et au futur d'un lieu, permettent de créer un sens de la communauté et de l’appartenance, tout en utilisant la puissance des dernières technologies.

Au début de cet article, on se demandait quel était l’objectif ultime de toutes les innovations technologiques dans la ville d’aujourd’hui et de demain.

Une ville intelligente ne se mesure pas à la puissance et au nombre d’innovations technologiques en service sur son territoire. Car elles ne sont pas une fin en soi. La ville véritablement intelligente se mesure au niveau de bien-être de ses habitants.

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