19/02/2019
Mis à jour le : 13/05/2019

Santé au travail avec Anne-Charlotte Vuccino de YOGIST

Par : Le Hub Smart City
Anne-Charlotte Vuccino, fondatrice de Yogist, sur le Visionary Stage de la Maddy Keynote 2019

Le 31 janvier 2019, Anne-Charlotte Vuccino, fondatrice de YOGIST, est montée sur le Visionary Stage de la Maddy Keynote pour nous parler de santé et bien-être au bureau.

[Si vous voulez soulager vos doigts et vos poignets, regardez la vidéo ci-dessous à partir de 12:28]

QUAND LA VIE D’ANNE-CHARLOTTE A BASCULÉ

Alors qu’elle a 20 ans, Anne-Charlotte subit un grave accident de la route qui l’immobilise à l'hôpital et l’oblige à prendre de la morphine et autres calmants pendant près d’un an.

C’est à ce moment qu’elle découvre le yoga, qui l’aide à retrouver son entière mobilité et lui permet d’arrêter la prise d’anti-inflammatoires.

Partie se former en Inde, elle décide d’apporter le yoga dans le monde de l’entreprise, qui, selon elle, en a le plus besoin. Mauvais stress, sédentarité, omniprésence des écrans sont autant de méfaits liés au travail dans un bureau.

Depuis 2015, Anne-Charlotte va à la rencontre des salariés dans différents types d’organisations : des grandes tours de la Défense aux usines du Loiret en passant par les boutiques de luxe.

 

« Ce qui est dommage, c'est qu'on est en train de s'abîmer sans s'en préoccuper. »

LE MAL DU SIÈCLE

Son constat est simple et sans appel : nous avons mal partout, tout le temps. Les positions adoptées face à l’ordinateur et au smartphone engendrent des douleurs au dos (lombalgies, sciatiques), à la nuque (cervicalgies chroniques, “tech neck”), aux yeux, etc.

D’après Anne-Charlotte, ces maux s’expliquent par le fait qu'on ne travaille pas de la même manière aujourd'hui qu'il y a 50 ans. Nous sommes devenus des sédentaires.

Pourtant, notre corps et notre cerveau n’ont pas été conçus pour adopter une posture assise pendant la majeure partie de la journée.

Ce qui est dommage, c'est qu'on est en train de s'abîmer sans s'en préoccuper, nous dit la fondatrice de YOGIST. On se dit qu'on s'en occupera plus tard, que ce n'est pas le plus important. Or le bonheur commence par la santé, n’est-ce pas ?

Les entreprises commencent tout juste à s'en préoccuper. Depuis quelques années, on parle beaucoup de la qualité de vie au travail et de l’importance de l'expérience collaborateur.

Le problème ? Les démarches mises en place ne sont pas efficaces et ne touchent pas ceux qui en ont le plus besoin. Pour y remédier, Anne-Charlotte a identifié plusieurs axes d'amélioration.

 

LA PRÉVENTION AVANT LE CURATIF

« Mieux vaut prévenir que guérir » : ce vieil adage résume l’idée que faire de la prévention est plus efficace que faire du curatif.

Malheureusement, ce n’est qu’une fois que notre torticolis est bien implanté dans le cou que nous courons chez le kiné ou l'ostéo pour essayer de le débloquer. Mais il est trop tard...

En France, de plus en plus d’entreprises s'occupent de l'environnement de travail à un niveau de prévention primaire : on installe des sièges ergonomiques, des tables à la bonne hauteur, on s'occupe de la lumière, de la qualité l'air.

De l’autre côté du spectre, la médecine du travail prend en charge les troubles, une fois ceux-ci détectés. Mais entre les deux, aucun dispositif. On laisse les collaborateurs livrés à eux-mêmes. Et c’est justement à cet endroit que la prévention doit intervenir.

femme assise à son bureau devant son ordinateur

Le problème, c’est que la santé des humains est négligée au profit de celle de l’entreprise. C’est beau d’avoir des processus bien en place, mais on oublie que la santé des collaborateurs est un axe stratégique.

On accorde aux besoins primaires trop peu d’importance alors qu’ils sont par définition fondamentaux. Travailler et vivre sans douleur, c'est la base. Chacun d'entre nous y a droit, surtout quand on travaille beaucoup et qu'on a envie d'être plus performants.

DU YOGA POUR TOUS

Aujourd'hui, les démarches santé s’adressent à des gens qui sont déjà sensibilisés. C’est pourquoi il est indispensable de mettre en place une démarches inclusive, de parler à tout le monde. Et surtout aux 95 % des collaborateurs qui n’ont pas le temps ou la possibilité de faire du sport et de prendre soin de leur corps.

L’idée est de remettre la prévention santé au cœur de l'open-space, sur le lieu du travail. Et pas seulement pendant la pause déjeuner, dans la salle de sport ou sur le temps de loisir.

 

ALLOUER DE VRAIS BUDGETS AU BIEN-ÊTRE

Tout le monde est séduit par l’idée de faire de la prévention santé au travail. Mais dès qu’il s’agit de sortir le portefeuille, ce n’est plus la même histoire… L’argent reste le nerf de la guerre.

Si on veut avoir un vrai impact, il n'y a pas de mystère, il faut un budget et des équipes dédiées. L’initiative vient le plus souvent des collaborateurs, qui montent au créneau et sollicitent le top management.

Mais c’est bien la direction qui a le dernier mot. Les dirigeants doivent prendre leurs responsabilités en ce qui concerne la santé des collaborateurs. Et ça commence par allouer de vrais des budgets à ces interrogations.

MENER UNE DÉMARCHE ACTIVE ET PÉRENNE

Enfin, l'important est de mener une démarche pérenne, et pas simplement des actions ponctuelles.

Car aujourd'hui, parler de santé et de qualité de vie au travail relève plutôt d’une opération de communication que d’un processus permanent. C’est l’occasion de le mettre en gros sur le site internet ou dans le rapport annuel. Anne-Charlotte appelle ça de la “qualité-de-vie-au-travail-washing” (à l’instar du green washing).

C'est bel et bien en adressant ces problématiques tous les jours que l'on va avoir un impact réel et pérenne sur la qualité de vie au travail des collaborateurs.

C'est tous les jours qu'il faut bouger son corps pour que l'investissement soit rentable sur le long terme.

Le problème de la prévention santé en France, c'est qu'on a mis les collaborateurs dans une posture passive.

femme déroulant un tapis de yoga

On ne les rend pas autonomes. On ne leur enseigne pas les bons gestes. Avec YOGIST, l'idée est de permettre à chacun de devenir son propre médecin.

Anne-Charlotte termine sa présentation en proposant un petit exercice pour soulager la “tendinite de la souris”. La position de la main sur la souris n’est pas du tout naturelle. Cela entraîne des tensions dans le poignet, dans le coude, dans l'épaule et parfois jusque dans le cou.

Sur le même thème Tendances

De la smart à la slow city : ce que veulent les citoyens

28/06/2019 - 4 mn

La slow city s'impose doucement comme un modèle plus humain, rompant avec l'obsession effrénée du « toujours plus technologique » des smart cities.

Saint-Grégoire, première « Small Smart City » de France

16/05/2019 - 4 mn

Pierre Breteau, Maire de Saint-Grégoire, a présenté le projet Small Smart City de la petite commune d’Ille-et-Vilaine ce vendredi 10 mai.

Airbnb investit 160 millions de dollars dans Lyric

23/04/2019 - 2 mn

Airbnb vise le marché du voyage d’affaires en investissant 160 millions de dollars dans la start-up Lyric.

Des publicités innovantes made in smart city

01/04/2019 - 2 mn

Pour ce lundi 1er avril 2019, le Hub Smart City vous propose trois exemples de publicités innovantes qui s’inspirent des concepts de la smart city

flipboard